École Lacanienne de Psychanalyse

Clic Zones

Clinic Zones 2006-2007 : Anna Freud un monstre inapproprié/able ?

France
M. Viltard, Claude Mercier, Marie-Magdeleine Lessana, Jean-Paul Abribat, François Dachet, José Attal, Jean-Hervé Paquot

Clinic Zones 2006-2007

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Argument du week-end du 20 et 21 janvier, à Toulouse :

F/L à Stockholm


Après le colloque de Novembre 2006, Freud Anna mannequin de son cas qui a fait un état des lieux, un état des zones, les Clinic Zones continuent, avec ce qu’elles comportent d’ouvertures, perspectives, et hypothèses inachevées. Pour aller gaiement vers la session de Tours, intitulée sans peur, Lacan au féminin, Toulouse va nous permettre quelques âmusements.

C’est intitulé F/L à Stockholm. Star Treck vaut-il le Banquet ? Après tout… les fanzines sont peut-être la meilleure littérature du XXIeme siècle. Pourquoi plus de 40 000 femmes ont-elles pris la plume, la plupart pour la première fois, pour couvrir des pages et des pages sur les amours contrariées du capitaine Kirk et du Docteur Spok ? 40 000 Diotime ? Elles écrivent ça K/S, un lien érotique spécial. Elles ont des millions de lectrices. Le slash est né de cet épisode que nous avons vu à la session d’Octobre : Spok, un non terrien, est pris par la folie de l’amok, il rejoint son peuple, accompagné de deux terriens, Kirk et le docteur. Il tue celui que sa fiancée, par ruse, pour être libre d’épouser celui qu’elle aime, a désigné comme son rival, Kirk, mais la piquouse du docteur permet aux trois hommes de rejoindre le vaisseau Entreprise, et lorsque Spok, sous le regard du docteur, aperçoit Kirk « résuscité », il craque, sa raison, sa logique, sa maîtrise, son absence de sentiments, s’envolent, il a une légère exclamation dans un demi-geste de bras vaguement ouverts, slash ! Totalement hors sexe !

Les spams ont beaucoup de retard, Clinic Zones en reçoit des paquets, comme vous sûrement.

De Kurt Hagrman à Cliniczones
Enjoy fulfilling sexual sensations
Better erection and better sex
Finally a Patch works
Regards
Joseph

De Eunuch clubs a Clinic zones
Company On Verge of Explosion
8$20

Si vous n’avez pas de chances avec vos rendez-vous
Get a dozen of women every day with the assistance of Ultra Allure Pheromones

Pourquoi les Clinic Zones s’acharnent-elles à prendre les lesbiennes pour boussole et la figure d’Anna comme énigme? Le Nord de cette boussole est clair : le partage n’est pas entre homos d’un côté et hétéros de l’autre, pas plus qu’il n’est entre homme et femme, mais entre phallocentré et ce qui serait au-delà du phallus. La question se décale. Il y a des homos et hétéros phallocentrés, mais il peut y avoir des homos au-delà du phallus ou hétéros au-delà du phallus. Est-ce que ce sont des lesbiens ? En termes identifiants, la question est faussée. Le slash est nécessaire, la difficulté est de « bien » s’en servir, inside/out. Wittig met en scène des ils et elles lesbien/nes.

Quel rapport avec cette érotique bizarre du transfert ?
Pourquoi cette proposition, écrire Freud/Lacan, F/L comme K/S ?

Limites de la communauté et processus de subjectivation sont indissociables. Qui dit communauté dit maîtrise, mais peut-être une certaine sorte de maîtrise. Dorothy Allison, Margolin solo, les témoignages abondent, celle qui s’avance dans cette zone où l’abandon de la maîtrise peut-être mis en jeu et est abandonnée par sa communauté connaît un moment de violente déréliction, de persécution, de déstabilisation totale. Quand le point support d’un « commun » s’absente, se perd, la communauté qu’on croyait à toute épreuve s’avère défaillante. Voilà le maître qui dit « ça suffit, je n’en veux plus ». Du jamais vu ! Le maître, par définition, n’est jamais comblé. Est-ce ainsi que Lacan a fait l’épreuve que l’IPA n’est pas à la hauteur, un minable agrégat de chefaillons ? Une épreuve de l’au-delà du phallus ? Une expérience que la castration n’est qu’un petit épisode phallique comparé à cette épreuve « navire-night » ?

Comment les limites flottantes s’enroulent-elles ?

Il y a deux fractures, deux catastrophes repérables, que Lacan n’a pas « encaissées », deux catastrophes « au-delà », deux moments où l’appui lui a manqué.
- Le moment où on l’empêche de parler « au-delà » du temps inscrit imparti, pour son intervention sur le stade du miroir. On ne sait pas dans quel état il était quand il a voulu aller voir les jeux de Berlin. On a cependant des échos et l’élaboration de la réponse de Kris dans les couloirs, les cervelles ont chauffé.
- Et le moment où en juillet 63, il ne peut pas finir son intervention à Londres sur sa découverte de l’objet a, le mot « reste » lui manquant en anglais et ne lui étant pas fourni par l’auditoire, il sort seul sur la pelouse, moment qui dure jusqu’au début août où on l’empêche de s’inscrire pour parler à Stockholm et qu’il va « quand même » à Stockholm, dans les rues ( ?) en tout cas il est fait état de son état : l’état d’absence dans lequel il « visite » le fameux château sans s’en apercevoir, cité par Roudinesco, l’état délirant cité par Granoff (micros cachés, vols d’idées…) Un point où le désir ne trouve plus son logis fantasmatique.

Quelques hypothèses ?
M Un point de confrontation avec la jouissance. Plus de lieu commun, comme dirait Paulhan dans les Fleurs de Tarbes, il n’y a plus que la terreur, la destructivité, sans barrage d’insatisfaction. Livré sans défense à la jouissance de l’Autre ? Féminisé brutalement ? Ne pas dire trop vite, « comme Schreber », mais …y’a de ça ! En tout cas, Lacan va s’empresser de théoriser « Jouir de la femme » en génitif objectif subjectif, « livré au jouir de la femme ». Voire… se retourne-t-il devant son miroir pour chercher à voir le bas de son dos ?
M Comme Schreber… en appeller à Dieu ! Mais Lacan en appelle à Yaveh. Excommunication à la Spinoza, qui met en jeu le groupe et ses bords inside/out et non pas sphériques…
M Garder en interlocuteurs privilégiés les psychanalystes de l’Ipa, les Balint et autres, très peu d’estime affichée pour ses élèves ou ses interlocuteurs français divers, qui, peu à peu, le quittent. Il garde indéfectiblement l’IPA comme horizon où l’hétérocentré a été mis en fuite, en fuite d’être.
M Et, par -delà, il s’engage vers l’au-delà du phallus, (avec pour bagage une petite cervelle fraîche ?) Oury appelle cet état de non-interlocution, l’autisme de Lacan
M Nécessité de théoriser le localisé, le non universel de la langue, le non universel du symbolique symbole/symptôme, le nœud à quatre consistance et non pas seulement trois, trois plus son dire ?
M Condamné à la performativité permanente

Une proposition ?

Relire la Traumdeutung et changer de rêves, en choisir d’autres (ils sont presque tous translangues) dans le genre de celui où Freud est aux prises avec he/she et un usage « inapproprié » sexuel, autrement dit une sodomisation de la femme du rêve, femme qui stagne dans un wagon qui pue. Il semblerait aussi qu’il la dépèce. Et peut-être l’homme aussi… Il dit que c’est trop pour pouvoir le divulguer au public.

Et pour commencer, on verra deux toiles, un film les bien, et un film féministe.


A Toulouse

Les 20 et 21 janvier 2007
F/L à Stockholm

Au Goethe Institut
4 bis rue Clémence Isaure 31000 Toulouse

Claude Mercier, Marie-Magdeleine Lessana, Jean-Paul Abribat,
François Dachet, José Attal, Jean-Hervé Paquot